Trans-Pathoflax 2.0
Le projet Trans-Pathoflax 2.0 vise à lutter contre les principales maladies du lin en développant des solutions de biocontrôle, des variétés résistantes et des stratégies de gestion intégrée. Il se concentre sur des pratiques durables pour réduire l'utilisation de produits chimiques et accompagne les cultivateurs dans la transition vers une agriculture plus verte.
La région Interreg est la région la plus importante au monde pour la culture et la transformation du lin. Les liniculteurs de la région sont confrontés à 3 maladies importantes pour lesquelles il n’existe actuellement aucune stratégie de contrôle durable.
La verticilliose est une maladie tellurique dont l’agent pathogène, Verticillium dahliae, s’est répandu en France et en Belgique. Dans le projet Interreg FWVl PATHOFLAX, une importante recherche transfrontalière a été menée et a permis d’accumuler des résultats intéressants. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour offrir aux liniculteurs une stratégie de contrôle pleinement opérationnelle.
La septoriose causée par Septoria linicola est une maladie fongique du lin principalement observée dans la région française. Cependant, l'importance de cette maladie va probablement augmenter dans les années à venir, également en Belgique, en raison de l'augmentation des superficies de lin d'hiver. L'oïdium (causé par Podosphaera lini) est présent sur le lin depuis de nombreuses années. Il touche chaque année la quasi-totalité des parcelles de lin. Aujourd’hui, la lutte contre ces 2 maladies se fait à l’aide de produits chimiques de protection des cultures.
Ce projet vise à développer des stratégies de contrôle durable de ces trois maladies fongiques du lin. Son but est de cultiver le lin selon le Green Deal et de faciliter la transition vers une économie plus verte en soutenant la diffusion des bonnes pratiques environnementales et leur mise en œuvre au sein des entreprises linières. Le projet vise à fournir des solutions de biocontrôle aux liniculteurs et développer des techniques diagnostic que les sélectionneurs peuvent utiliser afin d’obtenir de variétés de lin résistantes aux maladies.
Dans un premier module de travail, l'accent sera mis sur l'inoculum primaire de Verticillium dahliae. Considérant l’impact de la culture de la pomme de terre sur la quantité de microsclérotes dans le sol, des essais seront réalisés afin d’évaluer la résistance de variétés de pomme de terre au Verticillium. De plus, le peu de corrélation entre la quantité de microsclérotes dans le sol et la sévérité des symptômes chez le lin sera étudiée. L’impact des microorganismes du sol sur le processus d’infection sera évalué au travers de bio essais utilisant différents types de sols contaminés artificiellement par des microsclérotes. Des microorganismes antagonistes potentiels pourraient être ainsi identifiés. Des tests en labo seront également réalisés afin d’étudier l’impact d’extraits de paroi racinaire, provenant de plusieurs variétés de lin, sur la germination des microsclérotes.
Afin d’améliorer l’identification de nouvelles variétés résistantes au Verticillium, un diagnostic d’infection fiable est nécessaire. Plusieurs techniques innovantes et non-destructives seront mises en œuvre au niveau de la plante et du champ. Celles-ci seront ensuite utilisées pour cribler des variétés de lin. De cette façon, des données pourront être obtenues afin de développer de nouveaux types de marqueurs de la maladie.
En vue de l’obtention de nouvelles variétés, il est nécessaire de comprendre les mécanismes de résistance des variétés tolérantes. Dans ce but, des techniques avancées de microscopie et de criblage biochimique seront utilisées afin de développer de nouveaux types de marqueurs de sélection permettant d’identifier plus facilement les variétés les plus résistantes.
L’utilisation des isolats endophytes Verticillium isaacii a montré des effets intéressants sur la résistance de la plante à la verticilliose. Les effets de cet agent de biocontrôle innovant seront à nouveau étudiés en utilisant de nouvelles souches provenant de parcelles de lin. Le mode d’action des souches les plus effectives et leurs modalités d’utilisation et formulations seront étudiés plus avant.
L’approche de lutte intégrée contre la septoriose et l’oïdium se concentrera sur le développement de nouvelles variétés et l’utilisation d’agents de biocontrôle (BCPs). Concernant la septoriose, une attention particulière concernera la surveillance de cette maladie en Belgique et la sensibilisation des agriculteurs. La sensibilité des variétés de lin sera testée dans des essais au champ et contribuera au développement de marqueurs de résistance. Peu de données sont disponibles en ce qui concerne l’utilisation des BCPs dans la lutte contre la septoriose et l’oïdium chez le lin. Sur base des connaissances accumulées sur leur utilisation dans d’autres cultures, une sélection des BCPs sera testée au champ sur le lin.
Tous les résultats de ces activités précédentes seront valorisés dans des essais IPM sur le terrain combinant différentes stratégies pour contrôler les trois maladies du lin. Grâce à ces essais de démonstration, les différents acteurs de la filière lin seront informés des nouvelles perspectives apportées par ce projet et les liniculteurs seront guidés dans la mise en œuvre de ces stratégies de gestion durable.
Contact
Lies Willaert (Inagro - Chef de file)
Joséphine Allaert (Inagro - chef de file)
Johan MAHIEU (Inagro - chef de file)
Olivier Van Wuytswinkel (UPJV)





